Responsabilité

RSE : le modèle scandinave est-il le bon ?

Les entreprises scandinaves les plus connues dans le monde sont aussi souvent citées parmi les plus durables et les plus responsables dans les classements. Un modèle de réussite fondé sur le dialogue et la confiance dans les institutions qui fait aujourd’hui figure d’exemple.

Pour la Commission européenne, la RSE (responsabilité sociale ou sociétale des entreprises) est un concept dans lequel les entreprises intègrent, sur une base volontaire, les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs activités : « La responsabilité sociale des entreprises s'étend au-delà du périmètre de l'entreprise jusque dans la communauté locale et implique, en dehors des salariés et actionnaires, un vaste éventail de parties prenantes : partenaires commerciaux et fournisseurs, clients, pouvoirs publics et ONG représentant la communauté locale ainsi que l'environnement. » Dans un monde caractérisé par des investissements multinationaux et des chaînes de production se déployant à l'échelle de la planète, « la responsabilité sociale des entreprises doit aussi dépasser les frontières de l'Europe », souligne encore la Commission européenne. 

Cette définition de la RSE est intégrée depuis longtemps par les pays nordiques. En Scandinavie, la « Stakeholder Theory » développée notamment par le théoricien Eric Rhenman, théorie s’appuyant sur le leadership participatif, a inspiré les principales multinationales suédoises, finlandaises ou encore norvégiennes. Celles-ci ont développé des modèles fondés sur le dialogue avec les parties prenantes, des organisations hiérarchiques plus horizontales, un très fort degré d’engagement des salariés, l’égalitarisme et une culture du consensus. Comme le constate le site spécialisé E-rse.net, « un écosystème d’entreprises plus durables s’est développé naturellement, grâce à la prise en compte des parties prenantes. Ainsi, les entreprises scandinaves les plus connues dans le monde sont aussi souvent parmi les plus durables et les plus responsables ». Des entreprises dans lesquelles il arrive que les décisions soient prises en concertation avec les syndicats, le gouvernement, mais aussi les ONG et les salariés. 

Confiance dans les institutions

« Ce modèle de construction de l’entreprise basé sur le dialogue est loin d’être une utopie », analyse E-rse.net. Néanmoins les sociétés scandinaves se distinguent par « la confiance que les individus accordent au système ». C’est ce qu’affirme également la journaliste Anu Partanen, finlandaise d’origine aujourd’hui expatriée  aux Etats-Unis, dans un ouvrage intitulé The Nordern Theory of Everything, in Search of a Better Life. Elle constate que « les Scandinaves ne sont pas nécessairement plus consensuels ou plus fraternels que les autres ». En revanche, ils « partagent une certaine confiance dans les institutions et la croyance que la mise en commun de ressources permet d’arriver à des résultats bénéfiques pour tous ». 

Cet état d’esprit différencie depuis longtemps la Scandinavie et son économie fondée sur l’échange du reste du monde. « Alors que l’ensemble de la planète prenait le train des théories néo-libérales de Milton Friedman ou Michael Porter (et leur fameux “avantage compétitif”), la Scandinavie inventait la démocratie industrielle », rappelle E-rse.net. Un concept aujourd’hui cité en exemple. 

De nombreuses entreprises scandinaves trustent en effet les classements internationaux tel le Global Sustainable Competitiveness Index qui place l’Islande, la Suède, la Norvège et la Finlande dans le top 10 des pays dont les business sont à la fois compétitifs et durables. Un exemple à suivre pour la France qui occupe, pour sa part, le 15e rang de ce même classement ?
 

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