Gouvernance

Comment impliquer les jeunes dans la gouvernance d’entreprise ?

Créative, réactive, pragmatique et respectant les compétences plutôt que les diplômes : la génération Y ne manque pas d’atouts pour faire rêver les entreprises. Cependant, celles-ci peinent encore à les recruter et à les fidéliser. Et si inciter les jeunes à challenger les instances de gouvernance était la solution ?

Comment attirer les jeunes talents au sein de l’entreprise ? Et comment conserver la fidélité de la génération Y, qui pour moitié envisage de quitter son employeur actuel avant 2020 ? L’attractivité auprès des jeunes talents est aujourd’hui l’un des grands enjeux des services de ressources humaines. Au-delà de cette problématique, certains s’interrogent maintenant sur la meilleure façon dont le regard et les idées des « digital natives » pourraient profiter à la gouvernance des entreprises.

Faire évoluer les stratégies 

A l’heure actuelle, le défi reste loin d’être gagné, et les grandes entreprises ont même du mal à intégrer… les moins de 50 ans au sein de leurs conseils d’administration. L’âge moyen des administrateurs des sociétés du CAC 40 est tout simplement de 59,3 ans selon la dernière étude de l’agence Image 7. Un chiffre qui ne change pas année après année.

« Shadow cabinet » ou « conseil des jeunes leaders »

Heureusement, dans le but de favoriser l’évolution des stratégies, certaines entreprises lancent des initiatives pour associer la jeune génération aux processus de décisions. Le groupe AccorHotels a ainsi annoncé la constitution d’un « shadow cabinet » composé de jeunes de moins de 35 ans. « Ces jeunes auront accès à tous les documents. Ils auront le même niveau d'information que les autres membres du conseil. Ils devront se réunir avant nous et formuler leurs recommandations », déclare Sébastien Bazin, le PDG du groupe, sur Les Echos. Celui-ci estime que l’entreprise de demain ne sera « pas bâtie sur des rapports de force mais sur des rapports de flux ».

Dans le secteur immobilier, la Compagnie de Phalsbourg a elle aussi annoncé la création d’un « conseil d’administration des jeunes leaders ». L’âge moyen de cette instance de gouvernance innovante est de 33 ans, et aucun de ses membres n’a plus de 40 ans. Si ce conseil d’administration ne pourra pas intervenir sur des sujets comme l’investissement ou la rémunération des collaborateurs, il disposera d’un budget annuel de 120 000 euros. 

Féminisation croissante 

Le point commun de ces deux initiatives ? : une forte féminisation. Chez AccorHotels, le « shadow cabinet » comptera 7 femmes et 5 hommes, soit la proportion inverse de celle du board officiel. Le conseil des jeunes leaders de la Compagnie de Phalsbourg compte de son côté deux fois plus de femmes que d’hommes (4 contre 2). 

Cette tendance préfigure un mouvement de féminisation des conseils au sein des grandes entreprises. La loi Copé-Zimmerman, votée en juillet 2014, prévoit en effet l’obligation pour les entreprises de 500 salariés et plus de compter 40% de femmes au sein de leur conseils d’administration à partir du 1er janvier 2017. Une obligation qui touchera les entreprises cotées comme celles qui ne sont pas présentes en Bourse. Depuis l’introduction de cette loi en 2011, la part d’administratrices a évolué pour atteindre plus de 26% de la composition des conseils l’an dernier
 

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