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Trading alternatif : vers un modèle plus transparent aux Etats-Unis ?

Les régulateurs américains veulent contraindre les opérateurs de systèmes de trading alternatifs, et notamment les « dark pools », à fournir davantage d’informations sur leurs modes de fonctionnement.

Améliorer la structure des marchés actions

La SEC (Securities and Exchange Commission) a décidé de s’attaquer à l’opacité qui entoure le fonctionnement des systèmes de trading alternatif, rapporte le Wall Street Journal. L’instance de régulation américaine vise notamment les « dark pools », dont la particularité est de pouvoir passer des ordres de façon anonyme. 
Ces structures permettent de ne révéler les données d’un échange qu’une fois que la transaction a été accomplie. Lors d’un vote unanime, la SEC a décidé le 18 novembre de proposer de nouvelles règles réclamant aux acteurs de ce secteur une meilleure communication autour de leurs activités. « Les investisseurs et les autres acteurs du marché ont besoin de plus d’informations et d’informations de meilleure qualité sur le fonctionnement de ces systèmes », estime Jo White, la présidente de la SEC, dans un communiqué

Limiter les risques de conflits d’intérêt

Le gendarme de la Bourse américaine propose d’imposer aux systèmes de trading alternatifs la communication de données détaillées. Celles-ci permettraient notamment d’éviter d’éventuels conflits d’intérêts qui peuvent survenir entre les intérêts du courtier et ceux des participants de marché ayant accès à son système de trading alternatif.  
Les nouvelles règles proposées par la SEC devraient aussi permettre aux acteurs du marché d’être mieux informés lorsqu’ils évaluent les décisions prises par leur courtier. 
« Les changements proposés représenteraient un pas en avant vers une plus grande transparence envers les investisseurs et une amélioration de la structure des marchés actions », a commenté Jo White.

Le Wall Street Journal rappelle que cette proposition du gendarme de la Bourse américaine survient alors que le rôle des instances de régulation a subi des critiques récemment. Certains estiment que les régulateurs ne s’adaptent pas suffisamment rapidement à l’évolution des nouvelles technologies, et qu’ils ont laissé certains systèmes de trading informatisés opérer sans supervision. 
« Ces inquiétudes se sont intensifiées en 2010 lors du “flash crash”, au cours duquel des bugs informatiques et des ventes massives causées par des systèmes informatisés ont provoqué de violents mouvements sur les marchés financiers », écrit le quotidien américain. Le journal rappelle également que les règles qui encadrent le trading électronique n’ont pour la plupart pas été mises à jour depuis leur introduction en 1998. 

De son côté, le Financial Times note qu’en dépit du poids qu’ils représentent sur les marchés, les systèmes de trading alternatif ne sont pas soumis aux mêmes obligations de transparence que les marchés nationaux comme le New York Stock Exchange ou le Nasdaq. Selon une étude de l’ONG américaine Healthy Markets, les dark pools représenteraient entre 16% et 18% des transactions sur les marchés actions américains, contre 4% seulement en 2008.
 

Russ Allison Loar - Red Ink (via Flickr.com / Licence CC)

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