Gouvernance

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Quel avenir pour le capital-investissement ?

Si le capital-investissement, et notamment le LBO, a toujours été sujet à controverses, il a affiché ces dernières années une forte croissance. Cependant, les changements à venir de l’environnement politique, la hausse des coûts consécutive à la remontée attendue des taux et le nouvel environnement prudentiel auquel les banques sont soumises pourraient fragiliser ce secteur d’activité.

Pour alimenter sa réflexion, le think tank Confiance et Gouvernance s’appuie sur des analyses et des travaux de recherche sélectionnés parmi de nombreuses sources référentes. Le think tank vous restitue ici les propos d’un article initialement publié par The Economist sur le sujet de la structure de gouvernance des entreprises sous LBO.  

« Le nombre de fonds d’investissement issus de capitaux privés n’augmentera pas avant une vingtaine d’années », prédit Paul Schulte, directeur du cabinet d’analyse éponyme dans les colonnes de The Economist. Si cette prévision est partagée par de nombreux acteurs du secteur, il existe néanmoins des raisons de penser que la croissance des capitaux-investissements va se poursuivre dans les années à venir. L’une des raisons soutenant cette thèse en est la difficulté à retirer les capitaux déjà injectés dans les fonds. 

Certes, ces investissements sont parfois liquidés, et les investisseurs remboursés. Mais ces derniers sont appelés « limited partners » pour une raison très concrète : l’accès à leur capital est limité, souvent par un engagement standard de dix ans et l’obligation de trouver un nouvel investisseur qui participera à valeur égale, avec les frais de transaction qui en découlent.  

Une industrie victime de son succès ? 

Le capital-investissement a toujours suscité une certaine dose de méfiance, notamment en raison de pratiques comme des prises de contrôles d’entreprises parfois mal perçues. Le best-seller « Barbarians at the Gate » décrivait ainsi l’une des premières opérations de ce type, lancée en 1988 par le fonds KKR sur NJR Nabisco. 

Les investisseurs ont besoin de rendements importants pour compenser le manque de liquidité, et les taux d’intérêts sont toujours plus élevés pour compenser le risque des opérations.  

Les banques, contraintes de limiter les risques auxquels elles font face suite notamment aux accords de Bâle III, réduisent les sommes disponibles pour les opérations à fort effet de levier : l’emprunt devient plus cher, pouvant menacer le système.  

L’environnement politique joue également un rôle important, notamment aux Etats-Unis, où l’industrie du capital investissement bénéficie de deux aspects particuliers du droit fiscal américain : l’incitation à charger des entreprises avec de la dette et la réduction d’impôts pour les investisseurs dont les revenus personnels sont taxés au même taux que les gains de capitaux. Une réforme sur l’un ou l’autre de ces points pourrait menacer le secteur.  

Ce risque est d’autant plus fort que les fonds d’investissement prennent une place toujours plus grande au détriment des parts des actionnaires publics. Désengagés du capital, ils sont moins enclins à supporter les politiques en faveur des entreprises. 

Toutefois, la plus grande menace pour l’industrie provient sans doute de son succès. Selon Bain, la part des entreprises américaines de taille moyenne contrôlées par capital-investissement a triplé entre 2000 et 2013. Cela ne signifie pas pour autant que le capital-investissement s’essouffle, mais conduit à penser que les opportunités deviendront plus rares. 

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