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Proxy advisors : maîtriser leur influence croissante

Avec la professionnalisation de l’actionnariat, les proxy advisors, ou agences en conseil de vote, sont de plus en plus influents. Face à la relation parfois complexe qui unit les investisseurs aux agences de conseil en vote, une communication optimale entre la direction de l’entreprise et l’agence est nécessaire.

Pour alimenter sa réflexion, le think tank Confiance & Gouvernance s’appuie sur des analyses et des travaux de recherche sélectionnés parmi de nombreuses sources référentes. Le think tank vous restitue ici les propos d’un article initialement publié par Forbes sur le sujet de l’influence croissante des proxy advisors.

« Une bonne gouvernance ne se limite pas à un instant T, elle s’inscrit dans le temps », estime dans les colonnes de Forbes Wes Hall, spécialiste des proxy advisors et fondateur de l’agence Kingsdale Advisor.

Pour que la relation entre l’agence de conseil en vote et la direction de l’entreprise s’inscrive dans une dynamique positive, il est important que cette dernière comprenne comment les proxy advisors perçoivent les informations qui lui sont soumises, et sur quels critères celles-ci seront jugées.

Resserrer les liens entre le proxy et l’entreprise

C’est pourquoi les directeurs d’une entreprise ont tout intérêt à communiquer au maximum, et de façon optimale, avec les agences en conseil de vote. Ne serait-ce que pour les informer du processus d’élaboration d’une information donnée : qui a mené les discussions, combien de parties se sont engagées, comment les négociations se sont déroulées et quels sont les risques potentiels liés aux alternatives.

Comme le souligne Wes Hall, le plus important pour les proxy advisors n’est en effet pas de porter un jugement ou non sur la nature de la proposition, mais de déterminer si le conseil d’administration a mis en œuvre tous les moyens pour formuler la meilleure proposition possible.

Certaines questions sont cruciales. Comme, par exemple, la réactivité de la direction face à un éventuel actionnaire activiste, les tactiques de défense employées, la probabilité que les objectifs de chacun des deux camps soient atteints… Formuler à l’avance des réponses à ces questions permet de s’assurer que les proxies ont tous les éléments pour émettre un jugement fondé, mais également d’affiner la stratégie de l’entreprise en amont.

Plusieurs proxies sur un même dossier

Parallèlement, l’émergence d’équipes de gouvernance en interne chez les investisseurs institutionnels change la donne. En effet, il est fréquent que ces derniers, qui engagent souvent plusieurs proxies, ne suivent pas leurs recommandations.

Wes Hall confie également avoir déjà rencontré des situations dans lesquelles les investisseurs amenaient le proxy sur de nouveaux terrains, notamment sur les questions de la RSE.

Il est alors intéressant d’observer, comme l’expose Wes Hall, la façon dont cette approche de la gouvernance en interne chez les investisseurs institutionnels influe sur les recommandations formulées par les proxies. Autrement dit : les sujets abordés aujourd’hui par les investisseurs sont un bon indicateur des thématiques sur lesquelles les proxies pourraient se positionner dans un futur proche.

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