Gouvernance

Vu ailleurs

Les dirigeants vont-ils trop loin dans le contrôle du conseil d’administration ?

Selon Liam McGee, ex-PDG du Hartford Financial Services Group, la plupart des PDG s’abstiennent d’aborder les défis et problèmes complexes auxquels ils font face avec leur conseil d’administration, en raison notamment des différences de points de vue qui pourraient se faire jour. Ils passent ainsi à côté d’un appui précieux, écrit-il dans la Harvard Business Review.

Pour alimenter sa réflexion, le think tank Confiance et Gouvernance s’appuie sur des analyses et des travaux de recherche sélectionnés parmi de nombreuses sources référentes. Le think tank vous restitue ici les propos d’un article initialement publié par la Harvard Business Review sur le sujet de la structure de gouvernance des entreprises au XXIe siècle.

Alors que les administrateurs sont de plus en plus actifs dans la définition des orientations stratégiques de l’entreprise, certains dirigeants se sentent menacés. Dans leurs entreprises, le conseil d’administration est ainsi tenu à distance par le PDG qui limite au strict minimum les informations communiquées au board pour satisfaire ses obligations fiduciaires, sans évoquer les enjeux qui pourraient susciter des débats plus complexes.

Liam McGee évoque cette approche dans un article de la Harvard Business Review. Pour celui qui fut pendant 5 ans le PDG de la compagnie d’assurance américaine The Hartford, il est indispensable d’instaurer un climat de confiance avec les administrateurs. Pour y parvenir, le dirigeant doit faire preuve de courage, de confiance en soi et, surtout, de transparence.

« Lorsque j’ai pris la tête de The Hartford, le conseil d’administration se déroulait autour de diaporamas interminables, décrit Liam McGee. Je me suis débarrassé de cette barrière pour partager les informations les plus importantes dans des documents que les administrateurs peuvent étudier à l’avance. Ainsi, pendant les réunions, nous pouvons nous concentrer sur les problèmes principaux. »

Et si la vraie transparence n’est pas dans les chiffres, mais dans les débats ouverts ?

La transition n’a pas été facile, poursuit Liam McGee, notamment pour les membres de l’équipe de direction, habitués à structurer leurs présentations autour de séries de slides. Mais elle a permis de jeter une lumière nouvelle sur la réalité de l’entreprise, et de renforcer la confiance.

Cette transparence s’étend jusqu’aux performances même du PDG. Liam McGee raconte que, suite aux critiques d’un directeur exécutif sur son style de management, il a embauché un coach pour réaliser un bilan qu’il a ensuite partagé au conseil d’administration, y compris dans ses aspects les moins flatteurs. Résultat : les administrateurs ont pu échanger leurs ressentis sur le sujet de façon ouverte et constructive.

En résumé, il s’agit d’un travail difficile mais, une fois la confiance acquise, le conseil est plus à même d’aider le PDG à protéger et renforcer l’entreprise, par exemple lorsqu’un actionnaire activiste tente de prendre le contrôle de l’entreprise ou d’imposer une restructuration. Le conseil peut également plus facilement challenger les positions du dirigeant, et lui permettre ainsi de prendre les meilleures décisions possibles.

Crédit photo : “Chess” by Steve Johnson is licensed under CC BY 2.0

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