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Le nouveau rôle du risk manager

Identification, analyse et maîtrise des risques : la fonction de risk manager est devenue clé dans les grandes entreprises. Mais pour rester efficace, ce métier doit se réinventer, et composer avec de nouvelles exigences.

« Aujourd’hui plus que jamais, les entreprises ont besoin de risk managers », remarque un article publié sur le blog INSEAD Knowledge. Mais dans le même temps, la pertinence intrinsèque du risk management est menacée au sein des grands groupes par l’évolution de la nature des risques. Omniprésents, diffus, changeants, ils font partie de la vie et du quotidien de l’entreprise. De leur côté, les dirigeants savent qu’il est de plus en plus difficile de développer l’activité en se fondant sur une attitude d’aversion totale au risque. C’est la question du « risk appetite », ou niveau de risque accepté par l’organisation pour générer de la valeur et atteindre ses objectifs

Utiliser la technologie à bon escient 

Pour que leur rôle reste pertinent dans le monde actuel, les risk managers doivent se départir de l’image qui leur est traditionnellement attribuée : celle d’opposants systématiques à l’innovation et au changement. Leur rôle ne doit pas consister à tenter de freiner des stratégies déjà actées, mais plutôt à apporter une compréhension holistique des risques dans le processus de prise de décision. 

Gilles Hilary, professeur de Comptabilité et Contrôle à l’INSEAD et Arnaud Lagarde, Chief Risk Officer de Mandarin Capital, consacrent également un article à ce sujet, «The End of Human Risk Management ? ». Le rôle du risk manager est aujourd’hui facilité par les nouvelles technologies, et notamment par l’apparition d’outils de data-visualisation de plus en plus performants, qui permettent de représenter des centaines de facteurs de risques au sein de graphiques compréhensibles d’un seul coup d’œil. Malgré tout, ces représentations visuelles, si impressionnantes soient-elles, peuvent difficilement susciter à elles seules l’adhésion des parties prenantes. C’est pourquoi Gilles Hilary et Arnaud Lagarde préconisent plutôt de s’appuyer sur la technologie en l’intégrant dans une approche plus globale. 

Une question transverse

Surtout, ils invitent les risk managers à briser les barrières au sein de l’entreprise pour faire du contrôle des risques un sujet dont chaque service est en mesure de s’emparer. « Lorsque les facteurs de risques deviennent plus nombreux et plus complexes, leur exposition touche chaque branche de l’organisation, à tous les niveaux », écrivent-ils. L'article cite Franck Baron, président du conseil d’administration de PARIMA, pour qui le rôle du risk manager doit être l’un des plus transverses au sein d’une organisation : celui-ci « doit être en mesure de discuter de finance avec le département financier, ou de droit avec le service juridique ». Pour lui, la présence d’un risk manager dans l’entreprise ne doit pas donner l’impression aux autres services que la question des risques ne relève plus de leur domaine ; bien au contraire. 

C’est en sortant de leur rôle de gardiens du temple pour assumer une véritable dimension stratégique que les risk managers seront en mesure de faire valoir leurs compétences, et d’éviter de devenir obsolètes…

Retrouvez ici l’article dans son intégralité.
 

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