Gouvernance

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La structure de gouvernance de Snap Inc. s’inspire des médias traditionnels

Au moment de l’introduction en bourse de Snapchat, les premiers documents officiels publiés révélaient la volonté des deux fondateurs de l’entreprise de conserver le contrôle sur l’entreprise, via des actions sans droit de vote, sur le modèle des entreprises de médias traditionnelles américaines. Cette méthode a alors provoqué une levée de bouclier des investisseurs et actionnaires professionnels, écrit Bloomberg.

Pour alimenter sa réflexion, le think tank Confiance et Gouvernance s’appuie sur des analyses et des travaux de recherche sélectionnés parmi de nombreuses sources référentes. Le think tank vous restitue ici les propos d’un article initialement publié par Bloomberg sur le sujet de la structure de gouvernance des entreprises au XXIe siècle.

Snap Inc. compare son application à une nouvelle forme de télévision. Rien d’étonnant donc, au fait qu’Evan Spiegel et Bobby Murphy, les fondateurs de l’entreprise, empruntent un modèle prisé par les médias traditionnels, analyse Bloomberg.

Pour augmenter leur capital en conservant leur contrôle sur leur entreprise, les deux créateurs de Snapchat ont en effet choisi de vendre des actions sans droit de vote, comme l’ont fait avant eux des magnats comme Robert Murdoch (News Corp. et Twenty-First Century Fox Inc.), la famille Ochs-Sulzberger (New York Times Co.) ou Sumner Redstone (CBS Corp. et Viacom Inc.).

Dans l’industrie tech, c’est une première lors d’une introduction en bourse. Google a cependant légitimé la pratique en étant le premier à proposer deux types d’actions, utilisant l’exemple des médias pour convaincre les actionnaires. Larry Page et Sergey Brin était en effet persuadé que ce modèle pouvait apporter stabilité et indépendance.

D’autres ont suivi, avec des résultats mitigés. Si, sous le contrôle de Mark Zuckerberg, Facebook a triplé le prix de ses actions, certains investisseurs sont irrités de ne pas pouvoir partager le pouvoir. Chez Groupon.inc, les fondateurs ont été évincés moins de deux ans après avoir utilisé le système de dual-class shares pour donner le vote majoritaire à leurs cadres supérieurs.

Snap, lui, a introduit trois types d’actions : sans droit de vote, à 1 voix, et à 10 voix, la catégorie qu’ils se réservent. Un modèle dont les fondateurs ne savent pas encore s’il va impacter négativement le cours de bourse. Pour Thomas Ivery, partenaires au sein du cabinet d’avocat Skadden, Arps, Slate, Meagher & Flom, c’est une tendance qui devrait se poursuivre… jusqu’à ce que des conséquences vraiment négatives apparaissent, comme un désengagement des actionnaires.

Snap demande donc in fine à ses investisseurs de faire confiance au duo des fondateurs qui devra réussir à atteindre la rentabilité sans leur intervention, alors même que l’entreprise a déclaré une perte nette de 515 millions de dollars en 2016.

Crédit photo : perzonseowebbyra via Visual Hunt / CC BY

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