Gouvernance

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Gouvernance d'entreprise : l'effet Alibaba

Alibaba, le géant chinois de la vente en ligne, se distingue par son modèle de gouvernance. Celui-ci n'accorde aucun droit de vote aux actionnaires pour l'élection des membres du board.

Pour alimenter sa réflexion, le think tank Confiance & Gouvernance s'appuie sur des analyses et des travaux de recherche sélectionnés parmi de nombreuses sources référentes. Le think tank vous restitue ici les propos d'un article initialement publié en 2015 par la National University of Singapore portant sur le modèle de gouvernance d'Alibaba.

Lors de son entrée sur les marchés financiers en septembre 2014, le groupe chinois Alibaba a levé 25 milliards de dollars. Cette introduction en bourse a été réalisée au New York Stock Exchange. Le géant du e-commerce avait réfléchi dans un premier temps à réaliser cette opération en Asie, avant de reporter son choix sur le marché américain qui lui permettait davantage de latitude en matière de droits accordés aux actionnaires.

Un modèle de gouvernance inédit

Historiquement, les places de marché américaines font en effet preuve de davantage de souplesse que les régulateurs des bourses de Hong-Kong ou de Singapour, réputés plus stricts. Alibaba avait besoin de cette plus grande liberté pour mettre en place un modèle de gouvernance inédit. L'une des spécificités en est qu'il ne permet pas aux actionnaires d'élire les membres du conseil d'administration.

Selon Lawrence Loh, auteur de cet article, ce mode de fonctionnement rappelle celui de l'Etat chinois, régi par le Politburo du Parti communiste. Cette spécificité n'a pas empêché l'opération d'être un succès colossal : dès la première journée de cotation, le prix de l'action a bondi de 38%. Par la suite, ce modèle de gouvernance particulier ne semble avoir eu aucun effet négatif visible sur le cours de bourse d'Alibaba dans les mois qui ont suivi l'IPO. L'action a certes connu des périodes de baisse, mais celles-ci peuvent s'expliquer par l'évolution de l'environnement de marché plutôt que par d'hypothétiques problèmes de gouvernance.

Des modèles innovants pour un monde complexe

Selon la National University of Singapore, la principale question à ce stade consiste à savoir si d'autres entreprises suivront l'exemple d'Alibaba, voire amorceront une véritable tendance. D'après Lawrence Loh, la prudence est toutefois de mise. Plusieurs caractéristiques spécifiques doivent être réunies pour que cette méthode soit profitable :
L'entreprise doit :
-    tenir une position dominante sur ses marchés ;
-    avoir accès à des capitaux importants ;
-    évoluer au sein d'un environnement régulatoire strict justifiant de contourner les règles de gouvernance habituelles dans un fonctionnement de marché devenu obsolète pour ses activités.

L'auteur souligne enfin qu'il sera intéressant de constater comment les bourses d'échanges réagissent à l'arrivée de sociétés aux modes de gouvernances moins classiques. "Dans un environnement de plus en plus complexe, il n'existe plus de solution applicable à toute entreprise", conclut-il.

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