Technologie

Un groupe de travail pour mieux comprendre la blockchain

Les tiers de confiance s’intéressent de près à la montée en puissance de la blockchain. Réglementation, modèles économiques, smart contracts… autant de sujets qui préoccupent la FNTC, Fédération nationale des tiers de confiance.

L’émergence des crypto-monnaies comme le bitcoin et de la technologie blockchain qui appuie cette invention « intéresse et préoccupe » la FNTC et ses adhérents, indique Alain Borghesi son vice-président. Ceux-ci comptent notamment la Banque Postale, la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, le Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables ou encore la Chambre nationale des huissiers de justice. Tous observent d’un œil inquiet ou intéressé la montée en puissance de la blockchain, considérée comme un concurrent potentiel.  

L’importance de cette technologie a été confirmée au mois de mai 2016 avec la spectaculaire levée de fonds de l’organisation autonome The DAO (pour Decentralized Autonomous Organization). Cette plate-forme de crowd-funding, gérée par un programme informatique, est parvenue à lever plus de 130 millions de dollars. Elle a pour mission de financer des start-ups en appuyant ses choix sur les votes de ses 18 000 actionnaires. 

La FNTC a donc récemment lancé un groupe de travail « blockchain ». L’objectif : « Mesurer les impacts, risques et opportunités de l’utilisation partielle ou totale de cette technologie » apparue il y a près d’une décennie. « Ces impacts, risques, opportunités sont très importants pour les professionnels et les acteurs dont l’activité repose sur la confiance, notamment les professions réglementées qui font partie des membres fondateurs de la FNTC, mais aussi les acteurs de la signature électronique, autorité de certification, d’enregistrement et également les tiers archiveurs qui utilisent ces technologies cryptographiques depuis maintenant une quinzaine d’années », justifie Alain Borghesi.

La confiance, pilier de la blockchain 

Selon une récente enquête menée par le Forum économique mondial, 10 % du PIB mondial devrait être stocké dans la technologie blockchain d’ici 2025.
« La tendance est donnée », remarque Alain Borghesi qui reprend à son compte la définition de la blockchain donnée par la Banque centrale du Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre : « Une technologie qui permet à des gens qui ne se connaissent pas les uns les autres de faire confiance ensemble à un registre d’événements partagés. »  

En d’autres termes : la blockchain peut en théorie permettre de se passer du recours d’un tiers de confiance traditionnel, qu’il soit une banque, un assureur ou encore un notaire.

Les tiers de confiance ont conscience que, dans les années à venir, il sera impossible de contourner cette technologie au développement exponentiel. Plutôt que combattre cette tendance, la FNTC veut apprendre à travailler avec. C’est en tous cas l’avis d’Olivier Iteanu, avocat spécialisé dans le numérique : « Il faut essayer de comprendre de quoi il s'agit, les conséquences sur les tiers de confiance, les risques et les opportunités qu'elle représente pour eux. »

Pour mieux percevoir les enjeux de la blockchain, la FNTC entend donc créer des cas d’usage au sein de son nouveau groupe de travail.  « Ces cas vont nous permettre de décortiquer et peut-être essayer de prendre le train qui s’en va, monter à bord de la blockchain », annonce Olivier Iteanu, qui s’est vu confier la co-responsabilité de ce groupe de travail. Car, au-delà de la monnaie virtuelle Bitcoin, l’enjeu est bien plus large. 

Technologies matures

« La blockchain est une technologie qui regroupe des technologies matures utilisées par ceux qui sont natifs de l’Internet et du digital : Napster, BitTorrent ou encore le peer to peer, qui est très important dans la blockchain. » 

Demain, les « smart contracts », contrats intelligents qui permettront de signer bien des documents (titres de propriété par exemple) avec des objets connectés, figureront très certainement parmi les champs d’action de la blockchain. 

La FNTC, partagée entre méfiance et intérêt à l’égard de ce concurrent impalpable, veut donc comprendre son mécanisme, connaître ses failles comme ses atouts, en partant du principe, comme le souligne Olivier Iteanu, que « si la blockchain laisse entrevoir de nombreuses questions juridiques, rien dans la loi aujourd’hui ne l'interdit ». 
 

Crédits photo : timlewisnm - chained (via Flickr, licence cc)

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