Gouvernance

RH : comment éviter les conflits de générations ?

Génération X, génération Y, génération seniors : trois tranches d’âge cohabitent actuellement dans les entreprises. Mais la collaboration entre les jeunes et les moins jeunes ne va pas toujours de soi, comme le montre une récente étude d’IMS Entreprendre pour la Cité. Quelles pistes pour favoriser la collaboration intergénérationnelle ?

Comment s’articulent les relations entre les différentes générations au sein de l’entreprise ? Pour la première fois en France, une enquête a été menée sur ce sujet. Cette étude, publiée par IMS Entreprendre pour la Cité, divise les salariés en trois catégories : la génération Y (20-35 ans), la génération X (35-49 ans) et la génération S, qui qualifie les seniors (+ de 50 ans). « Toutes ces générations ont un point commun : elles recherchent davantage de partage entre salariés, davantage de coopération et de confiance en elles », souligne Frédérique Poggi, déléguée générale d’IMS-Entreprendre pour la Cité. 

Les générations Y et S collaborent facilement entre elles

Cette étude s’est notamment penchée sur la question des stéréotypes en interrogeant chaque  génération sur la façon dont elle perçoit les autres. Il en ressort que les Y sont décrits par les autres générations comme rapides et efficaces, mais pouvant manquer de fond ou de rigueur. Les S, de leur côté, sont vus comme tournés vers le passé, rétrogrades, peu mobiles, ou encore attachés à leur carrière. C’est la génération X qui renvoie les stéréotypes les plus positifs. Véritables piliers de l’entreprise, ils partageraient les compétences et les valeurs attribuées aux générations Y et S : les compétences digitales et le souhait de mobilité d’un côté, et de l’autre l’attachement à l’entreprise et la maîtrise des codes, même si certains les voient comme « fatigués » ou « tournés vers le passé ».

Malgré cette vision globalement positive, il ressort également de l’étude que la génération X est celle qui a le plus de difficulté à travailler avec les autres. Contrairement aux idées reçues, les Y et les S n’ont en effet pas de problème à collaborer ensemble. En revanche, les 35-49 ans ont des relations plus tendues avec les deux autres groupes. « En partie du fait de l’allongement du temps de travail et des promotions de moins en moins corrélées à l’ancienneté, les X se sentent menacés par les Y dans leur parcours professionnel », analysent les auteurs de l’étude au sujet de cette génération. Une situation qui entraînerait un manque de coopération entre ces deux générations. 

Formation professionnelle et transfert de compétences

Les tensions qui existent entre les trois tranches d’âge peuvent peser sur le bon fonctionnement des services et sur la compétitivité de l’entreprise. Les auteurs de l’étude proposent des pistes pour améliorer les relations intergénérationnelles. 
Ils recommandent notamment de mieux intégrer la génération X dans les politiques RH des entreprises, ou encore d’abandonner le terme « senior », connoté négativement dans l’imaginaire collectif. « Il est jugé très dévalorisant dans le rapport que le collaborateur entretient avec son entreprise, sa carrière, les nouvelles technologies, ou encore les conduites du changement », remarquent-ils. Ils préconisent par ailleurs d’offrir des formations professionnelles aux S : une façon de donner un gage de confiance pour ces salariés qui attendent des signes positifs de la part de l’entreprise. 

La meilleure cohésion entre générations peut aussi émaner d’un meilleur transfert de compétences, par exemple en établissant des binômes productifs. 

Méthodologie : Cette étude a été menée en deux phases. 4 500 managers ont été interrogés par le biais de questionnaires en ligne. Puis, plus de 200 salariés (collaborateurs, managers et RH) ont été interrogés lors de 22 focus groups. 
 

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