Transparence

A quoi sert l’integrated report ?

L’outil commence à trouver sa place dans un nombre croissant d’entreprises, notamment européennes. L’objectif ? Rendre compte de la globalité des activités d’une entreprise, sans se limiter aux seuls résultats financiers.

Comment avoir une vision globale de l’activité d’une entreprise ? De plus en plus de sociétés s’intéressent à la possibilité de lier données financières et données extra-financières dans un rapport unique. Ce document de synthèse, qui offre aux investisseurs une vue d’ensemble de la valeur ajoutée créée par l’organisation, porte un nom : l’integrated report, ou reporting intégré. Selon un rapport publié en janvier 2016 par l’ACCA (Association of Chartered Certified Accountants) et l’IMA (Institute of Management Accountants), celui-ci s’inscrit dans une dynamique positive depuis plusieurs années, notamment en Europe, et il est appelé à monter encore en puissance au niveau mondial. Mais que signifie exactement le terme de reporting intégré – et surtout, à quoi sert celui-ci ?

Vision globale

L’Integrated reporting porte sur la communication des données des entreprises. Celles-ci sont tenues de publier régulièrement un rapport financier : destiné aux investisseurs et aux créanciers, ce document doit faire le point sur la santé économique de l’entreprise sur l’année écoulée. Certaines entreprises produisent également un rapport extra-financier, qui s’adresse à un public plus large (clients, ONG, gouvernements…), et évalue l’impact de l’activité sur des problématiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). 

Le concept de reporting intégré consiste à inclure l’ensemble de ces données au sein d’un rapport unique. Celui-ci doit également tenir compte de la stratégie de l’entreprise en matière d’ESG à moyen et long terme. L’objectif de ce document est de proposer aux parties prenantes de l’entreprise une vision globale de l’organisation, qui porte non seulement sur la valeur financière au cours d’une année donnée, mais aussi sur la création de valeur à long terme relevant de critères ISR. 
Pour l’ACCA, l’IR va dans le sens d’une amélioration du reporting, puisqu’il offre « une vue plus complète et mieux interconnectée de l’entité et de ses perspectives, sur une période de temps plus vaste que celle couverte dans les rapports financiers traditionnels ». L’organisation se félicite par ailleurs que de plus en plus d’entreprises s’intéressent à l’IR, mais aussi que les instances de régulation européennes et américaines tendent vers une généralisation de cette nouvelle forme de communication financière. 

Des indicateurs restreints, mais pertinents

Une direction dans laquelle l’écosystème de l’expertise comptable doit s’investir, selon les auteurs du rapport « From Share Value to Shared Value » («du partage de valeur à la valeur partagée»). « Les directeurs financiers peuvent être des leaders en matière de projets IR au sein de leurs entreprises », déclare ainsi Faye Chua, directrice de la recherche chez ACCA. « Les comptables, les experts comptables et les auditeurs ont eux aussi un rôle important à jouer dans l’élaboration d’une comptabilité juste, de systèmes d’informations performants, et d’un reporting fiable », ajoute-t-elle.  

Même s’il est en progression, le nombre d’entreprises qui ont recours à l’IR demeure relativement faible : Novethic dénombre 3 000 rapports intégrés publiés chaque année à l’échelle mondiale

Certaines entreprises voient dans ce rapport le risque d’une augmentation de la collecte de données, et d’un allongement des process. Mais les défenseurs de l’IR estiment que celui-ci ne doit pas entraîner de multiplication des données, mais au contraire se fonder sur une série limitée d’indicateurs pertinents. Selon l’IIRC (International Integrated Reporting Council), organisme regroupant des investisseurs, des entreprises et des acteurs réglementaires visant à promouvoir l’IR, les données essentielles doivent se concentrer sur six types de capitaux qui font la valeur de l’entreprise : capitaux financiers, industriels, humains, intellectuels, naturels et sociaux.
 

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