Responsabilité

Pourquoi les PME ont-elles du mal avec la RSE ?

Les dirigeants de PME ont une bonne connaissance de la RSE, ils ont par contre du mal à cerner son lien avec leurs performances économiques, selon une récente étude.

L’investissement responsable est l’un des grands enjeux de la COP21, qui s’est achevée le 12 décembre dernier à Paris. Mais comment les dirigeants eux-mêmes perçoivent-ils l’importance des pratiques RSE (responsabilité sociétale des entreprises) ? Une étude réalisée par Opcalia et le label Lucie par TNS Sofres* révèle qu’il s’agit pour eux d’une priorité bien identifiée, mais que celle-ci reste encore rarement mise en œuvre en raison de plusieurs freins : un manque de ressources, bien sûr, mais aussi un manque… d’informations. 

Une priorité théorique avant tout

Premier constat de cette étude : la RSE est un sujet familier pour 74% des patrons de PME et TPE, mais il reste malgré tout méconnu : les contours de la RSE demeurent « relativement flous » pour 55% des dirigeants interrogés. De la même manière, si le document montre que la RSE est considérée comme importante par 81% des patrons interrogés- elle est une priorité pour eux - celle-ci reste perçue comme « théorique » face aux enjeux du quotidien pour 60% d’entre eux. 

Les deux tiers des dirigeants qualifient la RSE d’opportunité ou la voient comme une série d’habitudes à prendre pour organiser le travail et structurer l’organisation. En revanche, un tiers d’entre eux y voient avant tout une contrainte. Floue, théorique, contraignante… la RSE se heurte donc, malgré une vraie prise de conscience de l’importante du problème, à sa mise en œuvre réelle.

Méconnaissance des bénéfices financiers

L’étude d’Opcalia révèle également quels sont les profits attendus de la RSE par les dirigeants. Pour 70% d’entre eux, le bénéfice principal de ces pratiques est de permettre une meilleure implication des salariés. La moitié d’entre eux cite l’amélioration de l’image de l’entreprise et 48%, l’amélioration des relations avec les parties prenantes. 

Ils sont en revanche moins nombreux à croire aux bénéfices financiers de la RSE. Ainsi, seules 35% des PME font un lien entre RSE et amélioration des performances économiques, et 26% seulement mentionnent la possibilité de répondre à de nouveaux marchés. Selon Michel Laviale, membre de la commission RSE du Medef, « évaluer la performance économique de la RSE n’est pas toujours aisé pour un dirigeant. » Il rappelle pourtant que « beaucoup de professionnels et d’experts s’accordent désormais à considérer que la valeur marchande d’une entreprise se limite de moins en moins à sa valeur purement comptable et qu’il convient de tenir compte, pour l’évaluer, de son capital immatériel : capital client, capital humain, capital naturel, innovation, marques, notoriété et réputation ». 

Une mise en place difficile faute de moyens

La timidité des PME en matière de RSE s’explique aussi par les nombreux freins auxquels les dirigeants disent faire face. Est notamment cité le manque de connaissance sur les dispositifs d'aide (82%), mais aussi le manque de moyens financiers (80%) et de ressources humaines (79%). Enfin, les trois quarts des personnes sondées invoquent le manque de visibilité du retour sur investissement des actions menées, le manque d'intérêt des collaborateurs et le manque d'expertise sur le sujet en interne. 

*Cette étude a été réalisée auprès de 500 dirigeants ou responsables de TPE/PME de 10 à 250 salariés du réseau Opcalia ainsi que 50 professionnels du réseau Lucie entre le 15 juin et le 8 juillet 2015. 
 

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