Gouvernance

Plus féminins, plus internationaux : le visage des conseils d’administration évolue

Pour la deuxième année, Deloitte publie la radiographie des structures de gouvernance des 343 sociétés cotées sur le marché EuroNext Paris. Cette étude décrypte la composition des conseils, la rémunération des administrateurs français et comités spécialisés, et mesure pour la première fois le taux de féminisation des comités exécutifs.

A quoi ressemble le conseil d’administration-type aujourd’hui, et comment évolue sa composition ? Voilà les questions auxquelles la Radiographie 2016 de la structure de gouvernance des sociétés cotées apporte des réponses chiffrées et détaillées. Cette étude est une lecture des pratiques telles qu’elles ressortent des documents de référence 2015, des communications relatives aux assemblées générales de 2016 et à leurs résultats, rappelle en préambule Deloitte, qui a publié ce document en septembre 2016. 

Plusieurs enseignements sont à retenir de cette étude. Le premier concerne l’intégration de membres féminins au sein des instances de gouvernance des grandes entreprises françaises. Une évolution nécessaire pour enrichir la diversité des boards, mais aussi pour rompre l’image d’une gouvernance fonctionnant en vase clos, prisonnière d’une logique de « Boy’s club » pour reprendre l’expression d’Agnès Touraine, présidente de l’IFA.

Cette évolution reste toutefois disparate en fonction de la taille des organisations. Les conseils d’administration des entreprises du CAC 40 sont ainsi constitués de femmes à 42%, mais ce chiffre tombe à 29 % seulement dans les sociétés composant l’indice CAC Small, qui regroupe 204 valeurs de taille moyenne.

Féminisation des conseils : + 180% en six ans

« En six ans, la proportion de femmes au sein des conseils des sociétés du CAC 40 a progressé de 180 % », soulignent les auteurs de l’étude. Sans doute faut-il y voir, au moins en partie, une conséquence de la loi Copé-Zimmermann du 27 janvier 2011. Celle-ci impose aux boards de « rechercher une représentation équilibrée des femmes et des hommes » et introduit la règle d’une représentation de 40% au minimum de chaque sexe au sein des conseils. Cette règle devra être respectée à l’issue de la première assemblée générale de 2017, prévoit la loi. 

Malgré cela, à la lecture des derniers chiffres dévoilés par cette Radiographie, l’effort consenti reste encore insuffisant et devra s’intensifier dans les prochains mois. À un an de l’échéance, seules 56 % des sociétés du CAC 40 et 37 % des entreprises du CAC Small sont en conformité avec la loi Copé-Zimmermann. Pour satisfaire aux exigences du texte en 2017, l’ensemble du CAC All tradable (tous indices CAC confondus) devrait encore intégrer 265 administratrices, 165 pour le seul CAC Small. 

Les femmes toujours sous-représentées au sein des Comex

Les progrès sont incontestables au sein des conseils d’administration en matière de mixité, même s’ils restent insuffisants. En revanche, les comités exécutifs sont plus timides en la matière. Composés de 13 membres en moyenne au sein du CAC 40 et de 5 membres au sein des entreprises du CAC Small, ils semblent encore hermétiques à la féminisation. « La proportion de femmes y est encore très faible avec, en moyenne, 11% de femmes au sein du Comex », constatent les auteurs de l’étude. Un comité exécutif du CAC Small sur deux ne compte ainsi aucune femme dans ses rangs. Ce chiffre est légèrement plus élevé pour les Comex des entreprises du CAC 40, mais reste loin de la parité puisqu’il ne dépasse pas les 20% en moyenne. « Les stéréotypes de rôles restent significatifs, car si les postes fonctionnels représentent un tiers des postes du Comex, ils sont pour la moitié tenus par une femme », conclut Deloitte. 

Internationalisation croissante

Enfin, il convient de relever, à la lecture de cette deuxième radiographie des structures de gouvernance que la part d’étrangers siégeant au sein des Comex des entreprises du CAC 40 est en constante progression : 3 membres étrangers en moyenne pour 13 sièges. De même, le taux moyen d’administrateurs étrangers au sein des conseils est en croissance de 7,4 %, venus le plus fréquemment des Etats-Unis (20 %), de Grande-Bretagne (12%), de Belgique et d’Allemagne (11%). Seule une société de l’indice CAC 40 ne comptait aucun administrateur étranger en 2015.

Pour en savoir plus : https://www2.deloitte.com/fr/fr/pages/risque-compliance-et-controle-interne/articles/women-in-the-boardroom-a-global-perspective-fourth-edition.html

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