Technologie

Les objets connectés nous veulent-ils vraiment du bien ?

Domicile, textile, automobile, santé : les objets connectés sont en passe d’envahir tous les secteurs de la vie quotidienne. Mais la confidentialité des données personnelles collectées par ces gadgets high tech est-elle assurée ? Et ceux-ci peuvent-ils nuire à la santé des consommateurs ?

Grand-messe des professionnels de l’électronique grand public, le CES de Las Vegas s’est déroulé du 6 au 9 janvier. Un rendez-vous incontournable au cours duquel les objets connectés, plus que jamais, ont été à l’honneur. Le potentiel de croissance de ce marché semble sans limite, ou presque. Selon les prévisions de Gartner (http://www.gartner.com/newsroom/id/3165317), 6,4 millions de ces objets devraient être écoulés cette année à l’échelle planétaire, soit une hausse de 30% par rapport à 2015. Un secteur qui représenterait une manne de 235 milliards de dollars pour la seule année 2016. 

Prudence des consommateurs

Malgré cette croissance explosive, une majorité de consommateurs français demeure méfiante face à ces nouveaux produits. Une étude Hiscox/IFOP* publiée en décembre dernier montre que si le concept des objets connectés est familier pour 9 Français sur 10, les deux tiers se disent inquiets de la sécurité des données personnelles générées par ces objets. Selon cette même étude, 76% des Français ne souhaitent pas partager leurs données afin de protéger leur vie privée. Seuls 16% y sont plus enclins, mais à condition d’en tirer un avantage.
La conférence Black Hat a pour but de mettre en garde les utilisateurs sur les risques liés à l’Internet des objets. Lors de la dernière édition de cet événement, qui se tenait l’été dernier à Las Vegas, Jeff Moss, fondateur de cette conférence, déclarait à l’AFP que « presque aucun des fabricants d’appareils connectés n’a de véritable équipe dédiée à la sécurité ». 

Un constructeur visé par une « class action »

Mais la sécurisation des données personnelles n’est pas le seul motif de défiance vis-à-vis de l’Internet des objets. La fiabilité des systèmes est également en cause, tout particulièrement dans le secteur de la santé. Début janvier, trois clients ont déposé une plainte pour « publicité mensongère » et « mise en danger de la vie d’autrui » contre le fabricant américain Fitbit, comme l’a révélé le magazine The Verge. La plainte porte sur un capteur de rythme cardiaque. Selon les plaignants, la promesse d’un suivi précis et fiable des battements du cœur relèverait de la publicité mensongère. 

Cet événement pose la question de la législation entourant ces objets qui pourraient prendre un rôle de plus en plus important dans le domaine de la santé, par exemple en régulant les prises d’insuline pour les personnes diabétique ou en prévenant les pneumonies chez les enfants en bas âge. Comment s’assurer de leur fiabilitét, et de l’impossibilité pour une personne tierce d’en altérer le fonctionnement ?

Interrogée par L’Equation de la Confiance, Marie Ekeland, co-présidente de France Digitale et membre du Conseil national du Numérique, estime que la dimension de la sécurité des objets connectés, « relativement peu étudiée, représente un vrai sujet ; tout particulièrement en ce qui concerne les objets médico-connectés ». Elle prédit que cet enjeu sera appelé à gagner en importance dans les années qui viennent. « Il peut y avoir des conséquences réelles, surtout à partir du moment où l’objet a une action sur le corps », avertit-elle. 

* L’enquête a été menée en ligne par l’Institut IFOP auprès d’un échantillon de 1 005 individus âgés de 15 ans et plus, représentatifs de la population française entre 18 et le 20 novembre 2015. La représentativité de cette population a été assurée par la méthode des quotas sur les critères d’âge, de sexe, de CSP, de région et de taille d’agglomération.
 

Crédits photo : Patch cables par Nic McPhee (via Flickr.com / Licence CC)

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