Gouvernance

Les jeunes diplômés misent plutôt sur leurs compétences que sur leurs diplômes

L’embellie se poursuit sur le front de l’emploi des jeunes diplômés, favorisant l’optimisme de ceux-ci, selon une récente étude de Deloitte. Mais un nombre croissant d’entre eux pense que leur meilleur atout pour décrocher un poste n’est pas leur diplôme, mais leurs compétences.

Si les jeunes dressent globalement un bilan sombre du marché du travail (en septembre 2015, l’Association pour l’emploi des cadres pointait notamment une dégradation des conditions d’emploi avec une forte baisse des CDI chez les jeunes diplômés et des difficultés croissantes dans la recherche d’emploi), ils sont de plus en plus nombreux à faire confiance à leur employeur. C’est l’un des enseignements de la cinquième édition du baromètre de l’humeur des jeunes diplômés, publiée en décembre par Deloitte. Pour la première fois depuis la création de cette étude, la confiance des jeunes à l’égard des employeurs est supérieure au taux de méfiance. Elle affiche une progression de trois points par rapport au moins de janvier 2015 pour s’établir à 52%. Une tendance qui peut s’expliquer par une nette embellie sur le front de l’emploi : selon le baromètre, 70% des jeunes diplômés sont actuellement en poste contre 60% en janvier 2015 et 51% en 2014. 

L’optimisme vis-à-vis des perspectives professionnelles à court terme est également en progression : 54% des jeunes diplômés se disent confiants sur le fait de trouver un emploi dans les six prochains mois, soit 10 points de plus qu’un an auparavant. 

22% des jeunes diplômés jugent les diplômes inutiles 

Autre enseignement de cette étude : le diplôme fait de moins en moins rêver. Si un tiers des jeunes diplômés pense que ce sésame permet de trouver un emploi plus facilement, ceux-ci sont de moins en moins nombreux. 22% des personnes interrogées considèrent d’ailleurs aujourd’hui qu’il n’a aucune utilité ; un chiffre en progression de 9 points en deux ans. Il est toutefois plus faible chez les diplômés de grandes écoles (17%).  

Pour faire face aux défis qui les attendent, les jeunes diplômés misent aujourd’hui davantage sur les compétences : l’efficacité, tout d’abord, citée par 67% des répondants, puis l’adaptabilité (61%) et la rigueur (58%). Fait intéressant : les DRH, interrogés dans le cadre de la même étude, n’ont pas le même sens des priorités. Ces derniers attendent avant tout de l’adaptabilité (61%) puis de la rigueur (58%) tandis que l’efficacité n’est citée que par 46% d’entre eux. On observe donc un réel décalage entre les attentes réelles du monde de l’entreprise et leur perception par les jeunes diplômés, qui pourrait expliquer les difficultés de certains d’entre eux à accéder à l’emploi. 

Jeunes diplômés et DRH partagent en tout cas une même vision quant aux limites du système éducatif, qui n’inculque pas selon eux de compétences suffisamment pratiques. A la question « Selon vous, quelles sont les compétences qui n’ont pas été suffisamment développées dans le cursus scolaire ? », ils citent en premier lieu les compétences professionnelles, puis la pratique (via des stages notamment), suivie de la connaissance du fonctionnement d’une entreprise. 

Méthodologie : Cette étude a été réalisée par OpinionWay pour Deloitte. Elle a été menée entre le 3 et le 20 novembre 2015 auprès d’un échantillon de 1 002 jeunes diplômés et de 405 DHR d’entreprises de 50 salariés et plus. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne. 
 

Licence photo : Usaid Guatemala, Diplomas awaiting to be presented to graduates via Flickr

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