Gouvernance

Les investisseurs institutionnels, nouveaux actionnaires activistes ?

Depuis la crise de 2008, les hedge funds ont quelque peu délaissé leur rôle d’actionnaires activistes. Cette place laissée vacante est de plus en plus occupée par certains investisseurs institutionnels.

Pour alimenter sa réflexion, le think tank Confiance et Gouvernance s’appuie sur des analyses et des travaux de recherche sélectionnés parmi de nombreuses sources référentes. Le think tank vous restitue ici les propos d’un article initialement publié par Pensions & Investments sur le sujet des investisseurs institutionnels prenant la place des investisseurs activistes.

Les hedge funds affichent une baisse d’activité notable depuis la crise financière de 2008. Au cours des neuf dernières années, à l’exception des campagnes de fusions et acquisitions, les opérations menées par ces fonds ont été inférieures aux niveaux atteints avant la crise. Cette baisse d’influence a permis aux investisseurs institutionnels de gagner du terrain en termes de prise de parole auprès des entreprises en Europe, et plus particulièrement au Royaume-Uni.

Des investisseurs institutionnels activistes

Cette tendance est accrue en raison de la pression croissante exercée par leurs clients sur les investisseurs institutionnels, mais aussi par le public, qui exigent une remise en question des directions des entreprises aux performances décevantes. Le salaire des membres de la direction occupe ainsi une place prépondérante dans les thématiques prioritaires des investisseurs.

Reza Eftekhari, directeur pour le Royaume-Uni de Morrow Sodali (une entreprise de conseil spécialisée dans la gouvernance d’entreprise et les transactions de capitaux), constate ainsi que les investisseurs ne tolèrent plus les augmentations des salaires des dirigeants dans les cas où les performances financières ne le justifient pas. Depuis le début de l’année 2017, trois entreprises britanniques ont, par exemple, été contraintes d’abandonner leurs politiques de rémunération à la suite de l’opposition d’une partie de l’actionnariat.

Une influence grandissante

Mais l’influence des investisseurs institutionnels ne se cantonne pas à la question de la rémunération. Daniel Summerfield, co-directeur du service des investissements responsables de USS Investment Management, privilégie ainsi les entreprises adoptant les meilleurs standards de gouvernance.

Il s’agit selon lui du meilleur moyen d’atteindre les objectifs de performance : « Nous utilisons notre influence d’investisseur institutionnel majeur dans le but de promouvoir de solides pratiques environnementales, sociales et de gouvernance. Concrètement, nous collaborons avec les conseils d’administration et les équipes exécutives, tout en faisant bon usage de notre droit de vote. »

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