Responsabilité

Investisseurs institutionnels : davantage de risques pour plus de rendement ?

En quête de nouveaux moyens d’atteindre leurs objectifs de croissance de long terme dans un environnement de marché caractérisé par un faible rendement, les investisseurs institutionnels se tournent vers les actifs risqués. Mais comment perçoivent-ils ces risques ? Natixis a mené l’enquête auprès de 500 investisseurs institutionnels. 

Selon une étude de Natixis Global Asset Management relayée le 14 mars 2017 par Business Wire, 70% des investisseurs institutionnels estiment réalisables leurs objectifs de bénéfices. Ils sont toutefois préoccupés par deux principaux facteurs affectant les marchés actuels : leur volatilité et leur faible rendement. Confrontés à cette problématique double et au risque de ne pas atteindre leurs objectifs de long terme, les investisseurs sont de moins en moins nombreux à suivre des stratégies classiques de gestion de portefeuille. Ils se tournent ainsi toujours davantage vers des placements plus risqués, comme des actifs non liquides.  

75% des investisseurs sondés considèrent que leur quête de rendement les pousse à prendre trop de risques, même si 62% d’entre eux estiment qu’ils peuvent contrôler ces risques à court terme.  

Des défis sur le court et long terme 

Pour David Giunta, CEO de Natixis Global Asset Management pour les Etats-Unis et le Canada, si les facteurs de risques évoluent avec le temps, le véritable challenge pour les investisseurs institutionnels reste de délivrer des résultats satisfaisants sur le long terme tout en naviguant à travers les pressions différentes du court terme.  

David Giunta est catégorique quant à la prise de risques : « Avec le mandat qui est le leur, éviter les risques n’est pas une option. Les investisseurs institutionnels doivent renverser les probabilités et changer les règles du jeu, tout en gardant un œil sur les objectifs à long terme. » 

Si 7 investisseurs sur 10 estiment que leurs objectifs de bénéfices peuvent être atteints, l’étude montre que la moitié des institutions pour lesquelles ils travaillent n’écartent pas la possibilité de revoir à la baisse leurs ambitions dans les 12 prochains mois.  

Prise en compte des critères ESG 

75% des sondés s’accordent sur un point : avec l’efficacité croissante des marchés, il est de plus en plus difficile pour les investisseurs de dégager de l’alpha (surperformance d’un investissement par rapport à un investissement théorique). Pour plus de la moitié d’entre eux, l’intégration de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les processus de prise de décision pourraient permettre de faire la différence en matière de croissance, mais aussi de gestion des risques. Le même pourcentage de sondés affirme que les ESG sont un moyen efficace de réduire le risque de scandales, à l’instar de procès, dégâts environnementaux et conflits sociaux. 62% sont persuadés que les ESG seront un standard de pratique pour tout manager d’ici les cinq prochaines années.  

L’étude a été menée auprès de 500 investisseurs institutionnels, interrogés sur leurs opinions concernant les risques, l’allocation d’actifs et les performances du marché. Le panel était composé de fonds de pension privés et publics, de compagnies d’assurances et de fonds souverains issus d’Amérique du nord et latine, du Royaume-Uni, d’Europe continentale, d’Asie et du Moyen-Orient. Ensemble, ils gèrent 15,5 milliards de dollars d’actifs.  

Très peu nombreux au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les investisseurs institutionnels – organismes collecteurs d’épargne – représentent aujourd’hui plus de 70% de l’ensemble des actions cotées américaines. Sur le seul marché français, ils gèrent près de 3 000 milliards d’euros d’actifs pour le compte de leurs clients.  

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