Technologie

Internet des objets : sans confiance, pas de croissance ?

Secteur en développement exponentiel, l’IoT (Internet of things) représente pour l’économie française un marché à fort potentiel. Mais il faudra, pour l’atteindre, convaincre des consommateurs pas encore convaincus de l’intérêt de posséder des objets intelligents.

Selon une étude réalisée par le Mobile Ecosystem Forum, une organisation qui regroupe les acteurs de l’industrie du mobile, les questions de la sécurité et de la confidentialité pourraient constituer les principaux freins au développement de l’Internet des objets dans les années à venir. Les objets connectés n’ont, en effet, pas encore gagné la confiance des consommateurs qui estiment que les fournisseurs d’objets connectés devraient se comporter de manière plus transparente. Selon cette étude, le respect de la vie privée tracasse 62% des personnes interrogées (70% des Américains et 69% des Français). 30 % des sondés s’inquiètent ainsi du respect de  la confidentialité des données collectées. Par ailleurs, 21 % des consommateurs sollicités par le MEF estiment que « l’Internet des Objets constitue une menace réelle ». Ces chiffres expliquent la timidité des consommateurs à adopter massivement ces objets. « Les usages grand public autour de ces objets ne sont pas encore assez développés », confirme Alexandre Buselli, associé Conseil Télécoms et Médias chez Deloitte, auteur d’une étude sur les usages mobiles

Un effet bénéfique sur la productivité

Les objets connectés ont pourtant investi notre vie : tablettes, montres, mais aussi désormais machines à café, robots-aspirateurs, chauffages, réfrigérateurs... Le marché est en pleine explosion. Une étude publiée par l’Institut Montaigne avance que d’ici 2025, le marché direct d’achat d’équipements connectés devrait représenter 23 milliards d’euros en France. Le potentiel économique global de l’Internet des objets est, quant à lui, estimé à 138 milliards d’euros d’ici 10 ans. « L’exploitation des données produites par les objets et leur environnement, la capacité de les contrôler à distance, d’optimiser leur fonctionnement voire de rendre quasiment autonome des systèmes d’objets, vont notamment permettre une augmentation significative de la production par unité de coût », affirme ainsi l’Institut Montaigne. Il estime que « chaque euro investi dans les objets connectés pourrait produire jusqu’à six euros de gain de productivité ou encore de pouvoir d’achat ». Une excellente nouvelle pour l’économie française, car comme le constate le think thank : « Associés au Big Data, les objets connectés permettent un effet de levier dont les répercussions sur l’économie française pourraient atteindre les 7 % de PIB à échéance 2020. »

Logement, sécurité automobile, santé 

Pour les professionnels du secteur, l’enjeu est donc de lever les craintes entourant l’Internet des Objets. La sécurité constitue une piste d’amélioration potentielle. La quantité de données personnelles recueillies par les entreprises est en croissance constante, et les objets connectés permettent de collecter de nouvelles catégories de datas. Dans les années à venir, la communication et la transparence autour de l’utilisation de ces données devrait être l’un des principaux axes pour renforcer la confiance autour des objets connectés. Une autre piste d’amélioration consiste à trouver une alternative au binôme d’identification « nom d’utilisateur / mot de passe », remis en cause par un nombre croissant d’utilisateurs. Certaines entreprises ont d’ailleurs commencé à expérimenter des solutions biométriques. 

Preuve de l’importance du marché des objets connectés, des grandes entreprises ont démarré le déploiement de leurs innovations dans de nouvelles usines intelligentes, mais aussi dans les secteurs du logement, de la sécurité automobile ou encore de la santé, marché à fort potentiel de développement. 

En France, où la population est vieillissante, le senior de demain pourrait bénéficier d’une multitude d’objets connectés, notamment dans le domaine médical. Selon l’Insee, les 60 ans et plus devraient représenter en 2050 près de 32 % de la population française, contre 25 % aujourd’hui. Autant de consommateurs que les acteurs du maintien à domicile, entre autres, espèrent convaincre de l’utilité d’adopter les objets connectés.
 

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