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Et si les normes favorisaient le développement des entreprises ?

La normalisation volontaire serait un levier de croissance pour les entreprises, selon une étude de l’Afnor. Mieux : elle favoriserait l’exportation et entraînerait des gains de productivité. Explications.

Contraignantes, étouffantes, coûteuses, chronophages, difficiles à comprendre : les normes sont souvent perçues comme des freins à la croissance. Ce cliché serait loin de la réalité, selon une étude Afnor-Bipe publiée début février. Réalisée auprès de 2 099 entreprises*, celle-ci montre la normalisation volontaire comme un levier de développement économique. Selon ce document, les normes entraîneraient même une hausse du chiffre d’affaires de l’ordre de 20%. Les entreprises participant à l’élaboration des normes atteindraient ainsi des taux de croissance annuelle de 4% contre une moyenne de 3,3% pour l’ensemble des organisations. « Celles qui s’engagent dans le processus de création des normes volontaires sont résolument mieux préparées pour affronter la concurrence économique », analysent les auteurs de l’étude. Ceux-ci voient donc dans les normes un accélérateur de croissance, mais aussi, de manière défensive, un facteur évitant de dégrader celle-ci. 

Efficacité à l’export 

Autre atout de la normalisation : celle-ci serait synonyme de performance à l’international. L’étude montre ainsi que le taux d’export des entreprises acheteuses de normes ou parties prenantes des commissions de normalisation s’élève à 18,2% contre 15,3% pour l’ensemble des entreprises. C’est le cas tout particulièrement dans la construction, où celles participant aux commissions de normalisation affichent un taux d’export de 7% contre 2% pour la moyenne des entreprises du secteur. 

Comment expliquer ces chiffres ? Pour l’Afnor, les normes, véritables « passeports pour mieux vendre hors de ses frontières », permettent de se présenter à l’export avec une technologie, un service ou une organisation reconnu et partagé. Elles seraient ainsi un véritable « langage commun » qui apporterait une plus grande légitimité. « C’est un gage de confiance pour accéder à un marché, doublé d’un attribut d’image et d’un gain de temps », estime l’Afnor. 

15 milliards d’euros de gains de productivité 

Enfin, les normes seraient des alliées sur le front de la productivité. L’étude chiffre à 15 milliards d’euros l’apport annuel de l’utilisation des normes volontaires à la production française. « Autrement dit, si les entreprises n’appliquaient pas les normes pour leurs produits et services, elles vendraient moins, donc produiraient moins », résument les auteurs de l’étude. Selon eux, participer en amont à l’élaboration des normes et influer sur leurs évolutions permet de gagner du temps, et aide ainsi l’entreprise à produire davantage, plus vite et plus tôt : elle a donc davantage de chances d’arriver en tête sur les marchés qu’elle vise. L’harmonisation des outils de production qui découle de la normalisation volontaire permettrait, en outre, d’alléger certaines charges, et donc in fine de réduire les coûts. 

Si les résultats de cette étude semblent indiquer qu’il existe une corrélation entre normes volontaires, croissance, exportation et productivité, reste à savoir dans quel ordre se produit le lien de cause à effet. Les normes peuvent en effet avoir un effet vertueux sur le fonctionnement des entreprises, mais il est également possible que les organisations les plus productives et les plus efficaces soient celles qui font le choix de mettre en place des normes de façon volontaire. 

 

* Méthodologie : Le BIPE a croisé les données économiques provenant de 2 099 entreprises de tous secteurs ayant participé à la normalisation depuis 2005. Trois agrégats ont été isolés pour mesurer l’effet des normes : la croissance du chiffre d’affaires, le taux d’export et la production. 
 

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