Gouvernance

- 29/01/2016

Entreprise : comment séduire la génération Y ?

Hyper-connectées et avides de flexibilité, les personnes nées après 1982 représentent une partie importante de la population active. Mais quel regard portent-elles sur leur entreprise ? Comment l’employeur peut-il gagner leur confiance et leur loyauté ?

Quels sont les ingrédients pour que la génération Y fasse confiance à l’entreprise ? Alors que les managers ne comprennent pas toujours les motivations de ces jeunes nés après 1982, attirer et retenir les « millennials » pourrait constituer un enjeu majeur pour les organisations en matière de ressources humaines. Selon l’enquête « Millennial survey 2016 », menée par Deloitte dans 29 pays en septembre-octobre 2015*, une personne sur quatre issue de cette tranche d’âge prévoit de quitter son employeur actuel dans l’année qui vient. D’ici 2020, ce sont même deux « millennials » sur trois qui envisageraient une porte de sortie.

Cette envie de liberté semble concerner davantage les pays du Sud (Pérou et Afrique du Sud en tête) que les économies dites développées : les jeunes issus de Belgique, d’Espagne et du Japon sont les moins enclins à quitter leur entreprise dans les quatre ans à venir. Mais même dans ces pays, plus d’un jeune sur deux n’envisage pas de poursuivre sa carrière actuelle dans les quatre prochaines années.

Favoriser le leadership 

Comment expliquer cette envie d’aller voir ailleurs ? Ces jeunes, souvent cible de préjugés, ne sont pourtant pas réfractaires au monde de l’entreprise. Ils sont même plus de 7 sur 10 à reconnaître son impact positif sur la société ; un chiffre qui reste stable depuis 2013. Mais ils sont encore plus nombreux (87%) à penser que le succès d’une entreprise se mesure à d’autres facteurs que la seule performance financière.

Ces millennials disent attendre avant tout d’une entreprise qu’elle développe des produits et des services de qualité (63%), qu’elle suscite un fort taux de satisfaction de la part de ses employés (62%) ou encore qu’elle s’attache à la satisfaction de ses clients (55%). En revanche, la taille d’une entreprise, son âge et sa notoriété sont des facteurs perçus comme largement moins importants par cette génération. Contrairement aux idées reçues, le fait qu’une entreprise « fasse le buzz » n’entre quasiment pas en ligne de compte pour cette génération. 

Alignement de valeurs 

L’adéquation entre les valeurs personnelles et les valeurs portées par l’entreprise semble donc bien être au cœur de la problématique. Plus de la moitié des millennials affirme d’ailleurs avoir déjà écarté la possibilité de travailler pour une organisation en raison de ses valeurs ou de son code de conduite. 49% d’entre eux ont par ailleurs déjà choisi de ne pas effectuer une tâche dans le cadre de leur travail au motif qu’elle n’était pas en accord avec leurs propres valeurs ou leur code d’éthique.

Mais les résultats de l’étude suggèrent que d’autres facteurs sont également importants pour conserver la loyauté de cette génération, et notamment la possibilité pour les employés de monter en compétence. Les répondants les plus enclins à quitter leur entreprise actuelle sont ainsi nombreux à pointer un manque de développement de leur leadership. 

Satisfaction des employés, possibilités d’évolution et sens solide de l’éthique : les entreprises qui gagneront la confiance des millennials seront donc celles qui parviendront à faire coïncider leurs valeurs avec celles de cette génération.

 

 

* Méthodologie : Cette étude a été menée entre septembre et octobre 2015 au sein de 29 pays auprès de 7 700 répondants. Ceux-ci étaient tous nés après 1982, avaient suivi des études supérieures et étaient employés à plein temps. La plupart d’entre eux travaillaient dans des entreprises privées de plus de 100 employés.
 

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