Gouvernance

De la difficulté de quantifier la performance des investissements

Mesurer la performance des investissements est un exercice de plus en plus difficile à maîtriser, notamment en raison de la diversification croissante des portefeuilles. Confrontés à des problématiques inédites, les investisseurs institutionnels sont en attente de nouveaux outils et benchmarks efficaces.

Pour alimenter sa réflexion, le think tank Confiance et Gouvernance s’appuie sur des analyses et des travaux de recherche sélectionnés parmi de nombreuses sources référentes. Le think tank vous restitue ici les propos d’un article initialement publié par Institutional Investor sur le sujet de la difficulté de quantifier la performance des investissements.

Comment mesurer la performance d’une ferme de myrtilles ? Ou d’un portefeuille partiellement investi dans des fermes de myrtilles ?  Ces questions sont au cœur des interrogations des investisseurs institutionnels qui cherchent à quantifier efficacement leurs investissements, alors que cette opération se révèle aujourd’hui de plus en plus difficile à établir précisément.

Cette difficulté est liée à la diversification des portefeuilles des investisseurs institutionnels, qui se tournent vers des produits moins habituels comme les exploitations agricoles. Il y a quelques années, leur composition était environ de 60% d’actions et 40% de bons du trésor. Etablir un benchmark des investissements était alors relativement simple. Depuis 2008, en capitalisant sur des investissements alternatifs tels que des hedge funds ou des terres cultivées, ces portefeuilles sont devenus beaucoup plus complexes.

Les investisseurs se tournent vers ces produits pour améliorer leur rendement, et surtout pour bénéficier de produits décorrélés des marchés classiques. Si de nombreux investisseurs s’accordent pour dire qu’ils ne laisseraient jamais passer une opportunité d’investissement, ils reconnaissent que le benchmarking est devenu une pratique relevant autant de l’art que de la science.

Des outils du passé pour mesurer le futur

Certains observateurs remarquent par ailleurs que les indicateurs économiques utilisés pour quantifier un investissement n’ont pas évolué depuis le XXe siècle, et estiment qu’ils ne sont plus adaptés à la complexité de l’économie moderne. En effet, les principaux indicateurs permettant de jauger la croissance économique – à savoir l’Indice des prix à la consommation (IPC), le taux de chômage et même le PIB – sont tous devenus obsolètes selon eux. Zachary Karabell, auteur de The Leading Indicators: A Short History of the Numbers That Rule Our World écrit par exemple :

« Nous sommes très efficaces pour quantifier une économie industrielle de la moitié du XXe siècle, ce qui n’est pas le système qui prévaut aujourd’hui. » 

Une profonde crise de quantification en résulte alors, couvrant tout le spectre d’investissement, de l’échelle micro-économique de la gestion de portefeuilles à l’échelle macro dans laquelle les investisseurs imaginent le monde de demain.

Une source de pression pour l’entreprise

Fait préoccupant, la quantification des indicateurs de performance des actifs demeure pourtant prépondérante dans la gouvernance des entreprises. Ceux-ci peuvent d’ailleurs être une source de contrainte, notamment dans le cas où la sous-performance à court terme de l’entreprise est utilisée comme un moyen de pression par ses parties prenantes, à savoir les actionnaires ou les syndicats.

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