Gouvernance

Croissance en hausse en 2016 : les CFO restent mesurés

En 2016, la priorité des directeurs administratifs et financiers est de contrôler les coûts, voire de les réduire, notamment en France. Les perspectives d’emploi semblent toutefois orientées à la hausse.

De la 7e édition du baromètre européen d’opinion des directeurs financiers présenté par Deloitte, il ressort que « 25 % des directeurs financiers de l’Union Européenne se disent plus optimistes sur les perspectives financières de leur entreprise » quand « 29 % pensent que la situation actuelle se présente comme le bon moment pour investir ». 

Une autre étude, menée par Deloitte à l'échelle européenne (1), montre que les plus optimistes sont les CFO suédois avec 62 % de réponses favorables, devant les Espagnols (47 %) et les Irlandais (45 %). En France, « la stabilité l’emporte puisque 61 % des directeurs financiers déclarent des perspectives de croissance équivalentes par rapport au semestre dernier », précise le document. 

« En attente d’une meilleure visibilité » 

S’ils ne sont que 29 % en Europe à envisager des investissements cette année contre 40 % en 2015, les directeurs financiers du Vieux Continent sont surtout 71 % à déclarer ne pas vouloir prendre plus de risques « au regard des contraintes qui pèsent déjà sur leur bilan ». En 2016, les CFO veulent en priorité contrôler les coûts, voire les réduire. 

Le baromètre Deloitte indique que « pour 15 pays sur 16, le contrôle ou la réduction des coûts apparaissent comme les deux priorités pour leurs entreprises dans les douze prochains mois ». Mansour Belhiba, associé CFO Program chez Deloitte, confirme cette tendance : « Les directeurs financiers sont encore plus prudents et vigilants et, pour certaines décisions, dans l’attente d’une meilleure visibilité. » 

Pourquoi un tel manque de visibilité alors que la croissance semblait être de retour en ce début d’année 2016 ? Jean-Paul Betbèze, Economic Advisor chez Deloitte, avance un élément de réponse : « L'Europe a commencé l'année en ayant à faire face à un certain nombre de risques politiques et géopolitiques qui pourraient menacer la croissance. Forts de ce constat, les directeurs financiers en Europe se déclarent prudemment optimistes et sont sensibles à un certain nombre de vents contraires. » Pour Mansour Belhiba,  « partout les stratégies doivent forcément évoluer et s’adapter à la situation économique. Prises de risques sur les marchés, choix d’investissement ou de financement, décisions politiques : les impacts sur l’activité des entreprises sont nombreux ».

Des perspectives d’embauches encourageantes

Cette frilosité ambiante ne semble pourtant pas décourager les entreprises françaises « prêtes à avancer plus vite que d’autres », remarque Deloitte dont l’étude met en avant le fait que, malgré la conjoncture, 55 % des directeurs financiers tricolores se disent prêts à investir (+ 23 % par rapport à la dernière enquête). Et cet investissement devrait avoir un impact direct sur l’emploi : « 39 % des directeurs financiers de la zone euro prévoient une augmentation de l'emploi, en hausse de 35 % au 3e trimestre », montre le baromètre. 

Sur ce point, l’Irlande est la plus confiante avec 68 % de directeurs financiers qui tablent sur une augmentation du nombre d'emplois. « En France, les entreprises donnent la priorité au contrôle des coûts, mais force est de constater que cela n'a pas d'impact trop négatif sur leurs perspectives d'embauche », conclut Jean-Paul Betbèze.

(1)    Baromètre réalisé auprès de 1490 CFO de 17 pays européens.
 

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